Je m’appelle Ann Seymour. Je suis une fière membre inscrite du territoire non cédé de Wikwemikoong. Je suis aussi une nouvelle membre du conseil de l’Association des travailleuses et travailleurs sociaux de l’Ontario depuis mai 2026. Je suis très heureuse et honorée de prendre la parole à l’occasion du Mois de l’histoire autochtone.
J’aimerais imaginer mon rôle au conseil comme une histoire, ou un parcours. Quand nous réfléchissons au passé, et quand nous évoquons l’expérience des peuples autochtones avec la profession du travail social, il est important d’admettre que nous sommes conscients de l’incroyable souffrance, des préjudices et des traumatismes qu’ils ont vécus. Toutefois, il est encore plus important de réaliser où nous en sommes aujourd’hui et de trouver des façons d’aller de l’avant. Je crois qu’il y a lieu de célébrer le Mois de l’histoire autochtone en changeant le discours, en reformulant le récit et la façon dont nous faisons notre travail avec les peuples autochtones et les autres.
Nous devons comprendre que l’on a dépouillé les peuples autochtones de leurs langues et de leurs cultures, on les leur a enlevées. Néanmoins, aujourd’hui, nous changeons la donne. Nous changeons de cap et nous commençons à appuyer les peuples autochtones là où ils en sont, tels qu’ils sont. Nous savons qu’ils n’ont pas choisi leurs situations. Ils ne choisissent pas de vivre dans la pauvreté. Ils ne choisissent pas d’être sans abri. Ils ne choisissent pas de vivre avec des problèmes de santé mentale. Nous devons reconnaître que le problème ne vient pas de la personne – le problème vient de ce qu’elle a vécu.
Donc, à l’occasion du Mois de l’histoire autochtone, je propose que nous fassions une pause, que nous réfléchissions et que nous pensions à des façons d’améliorer notre approche de travail avec les peuples autochtones. Pour la profession du travail social, et en tant que travailleuse sociale moi-même, je suis extrêmement fière du fait que nous nous mobilisions pour vraiment faire du bon travail auprès des peuples autochtones. Je sais qu’il y aura des lacunes, et nous savons qu’il y en a. Alors par la même occasion, si vous avez des idées ou si vous connaissez des façons d’améliorer notre profession, je vous encourage à les faire connaître. Entretemps, nous faisons de notre mieux.
Je vous suis reconnaissante d’avoir pris le temps de célébrer et de souligner le Mois de l’histoire autochtone en ce mois de juin 2026.
J’aimerais vous laisser en mentionnant quelques citations. Notre cher disparu Murray Sinclair a dit : « C’est l’éducation qui nous a mis dans ce pétrin et c’est elle qui nous permettra d’en sortir. » L’écrivaine métisse Chelsea Vowell a dit pour sa part : « Nos cultures ne sont pas des restes du passé – elles sont vivantes, elles respirent et elles grandissent avec nous. » Tout aussi profondes sont les paroles de notre gouverneure générale Inuk, Mary Simon, qui a déclaré : « Nous sommes tous reliés, et quand l’un de nous souffre, nous le ressentons tous. »
C’est une chose que nous savons, nous, travailleuses et travailleurs sociaux.
Je dis donc aux membres de la profession du travail social : je vous suis reconnaissante, et je vous remercie de la possibilité d’être ici, avec vous, assise à la même table, et de renforcer notre capacité à aller de l’avant.
Je sais que la vérité et la réconciliation sont possibles, et je suis ici pour vous appuyer tout comme vous m’appuyez.
Merci. Miigwech.