<< Page sous construction >>
Dre Julie Woit


Récipiendaire : février 2010

Dre Julie Woit, PhD, déclare : « Dans ma pratique de travail social, je suis très consciente de l'importance des déterminants sociaux de la santé. Cela m'aide à conceptualiser les récits que j'entends. » Julie exerce en pratique privée à Thunder Bay et, depuis de nombreuses années, elle est au service des communautés des Premières nations de Pic River, Heron Bay et Pic Mobert, qui se trouvent approximativement à 300 kilomètres à l'est de Thunder Bay. Elle a été interviewée à la veille de la Semaine nationale du travail social que l'on célèbre du 1er au 7 mars et qui a pour thème : « La pauvreté : Il existe des solutions - Les travailleuses et travailleurs sociaux font la différence ». L'ATTSO la reconnaît comme un leader inspirant à l'occasion de la Semaine nationale du travail social.

En introduction, Dre Julie Woit nous a parlé de travaux de recherche intéressants qu'elle a découverts récemment et qui avaient trait aux déterminants sociaux de la santé et au rôle des conditions de vie et de la comparaison psychosociale dans la santé et le bien-être. Elle a expliqué comment les choix de comportement sont influencés par les circonstances socio-économiques et comment les conditions de vie matérielles déterminent la santé en ayant un impact sur la qualité du développement personnel, de la vie de famille et du milieu communautaire. Cette recherche se reflète dans son travail avec les communautés des Premières nations, où l'expérience des écoles résidentielles a été un tel symbole d'oppression et de marginalisation. Les écoles résidentielles ont non seulement introduit des traumatismes chez les particuliers, mais elles ont aussi perturbé la vie de famille et ont eu des répercussions négatives sur la communauté. Selon Julie, il n'est pas surprenant que ces écoles aient eu des répercussions à long terme sur la santé et le bien-être.

Julie a fait remarquer par ailleurs que le stress suscite une réaction de combat ou de fuite, qui peut entraîner un affaiblissement du système immunitaire et des comportements d'adaptation à tout ce qui représente une menace pour la santé. Étant donné que les particuliers dans les communautés de Premières nations pourraient connaître du stress lié aux questions de logement, de chômage et à un passé marqué par l'oppression et la marginalisation, l'impact sur la santé est inévitable. Par conséquent, la plus grande partie de son travail est liée aux traumatismes et aux troubles de stress post-traumatique. « Je traite des questions générationnelles de santé blessée ». Alors que généralement, elle voit des personnes qui présentent des symptômes comme la dépression, l'anxiété ou la réaction au deuil, les évaluations de traumatisme révèlent souvent des contextes et des thèmes familiaux plus complexes.

L'un des défis auxquels Dre Woit doit faire face est le travail avec différents membres d'une même famille. Étant la seule praticienne spécialisée dans le travail avec les communautés des Premières nations qu'elle visite, elle n'a souvent pas le choix de recommander aux membres d'une famille de voir un autre thérapeute. Elle doit régulièrement rappeler que la confidentialité, si essentielle au travail social, est toujours respectée. Comme elle n'est pas elle-même autochtone, elle est émue par le sentiment d'inclusion dont elle fait l'objet dans les communautés des Premières nations et par leur ouverture d'esprit des membres de ces communautés qui acceptent de consulter sa pratique. Elle considère que l'une de ses principales réalisations est la création d'alliances thérapeutiques, à la lumière de leurs traumatismes passés et de leur manque de sécurité; et leur empressement à guérir est pour elle une source d'inspiration.

Interrogée sur ce qu'elle souhaiterait, Julie a souligné le besoin de maintenir un haut niveau d'endurance : « En tant que cliniciens, nous avons de la difficulté à être autonomes en matière de santé. Nous devons mettre en pratique ce que nous désirons pour les autres. » Un aspect difficile de son travail est tous les déplacements qu'il représente. Même si son travail a donné lieu à des expériences enrichissantes dans le Nord de l'Ontario, il est également stressant. Elle a fait remarquer cependant que de nombreuses communautés qu'elle visite sont totalement isolées et n'ont aucun accès à des soins spécialisés sauf si des cliniciens comme elle se rendent jusque là.

En tant que travailleuse sociale, Julie pense que sa passion a été nourrie par les échanges sociaux qu'elle a vécus. « Ce que j'ai donné m'a été retourné sous la forme des histoires des gens, de leur guérison et de la transcendance. Les échanges ont toujours été réciproques et continuent à nourrir ma passion. L'équilibre général, c'est ce qui me maintient. »

Selon Dre Julie Woit, les trois caractéristiques d'un leader sont l'aptitude à donner espoir, la sincérité et le respect.

En conclusion, elle a partagé une citation de Ralph Waldo Emerson comme source d'inspiration : « To know even one life has breathed easier because you have lived. This is to have succeeded » (Savoir que vous avez aidé ne serait-ce qu'un seul être vivant à respirer plus librement…voilà la mesure du succès). Elle a ensuite ajouté : « Savoir qu'un seul être vivant peut respirer plus librement en raison de votre travail de guérison, cela m'aide à poursuivre ma tâche. »

Julie Woit est un leader inspirant dans la communauté du travail social - optimiste  ouverte et axée sur la guérison. Pendant la Semaine du travail social, du 1er au 7 mars 2010, et pendant toute l'année, prenez le temps de reconnaître les travailleuses et travailleurs sociaux qui font la différence.

Pour une interview précédente avec Dre Julie Woit, PhD, consultez, see below.
Volume 35 N.1 May 2009
(Adobe PDF File)