Prix de leadership inspirant de l'ATTSO
mars 2019

Lauren Clark

 

Quand elle pense à sa carrière de travailleuse sociale, Lauren Clark déclare : « J'ai toujours été attirée par le travail auprès des populations vulnérables, celles qui souvent n'ont personne pour défendre leurs intérêts et qui éprouvent des difficultés à avoir accès aux services dont ils ont besoin. » Lauren Clark, MSS, TSI, est une travailleuse sociale du Service de médecine de L'Hôpital d'Ottawa où son principal rôle consiste à offrir du soutien aux patients et à leurs familles et fournisseurs de soins, et à faciliter la planification du congé. Elle a aussi été une membre active de l'équipe de l'aide médicale à mourir de L'Hôpital d'Ottawa depuis ses débuts en 2016, agissant à titre de travailleuse sociale principale du groupe. Elle est également la travailleuse sociale principale de l'aide médicale à mourir du réseau régional de Champlain (projet pilote, hiver 2019). En outre, Lauren siège au conseil d'administration de Bridge C-14, une organisation nationale qui s'adresse aux personnes ayant vécu l'accompagnement dans le processus de l'aide médicale à mourir. L'ATTSO la reconnaît comme une leader inspirante pendant la Semaine du travail social, célébrée du 4 au 10 mars 2019, sous le thème : « Qu'il s'agisse de problèmes quotidiens ou de besoins complexes, les travailleurs sociaux s'en occupent ».

Lauren Clark est passionnée et fière de son travail dans l'équipe de l'aide médicale à mourir : « Chaque expérience où je suis témoin de la lutte de la vie et de la mort me laisse un sentiment profond de la fragilité, mais aussi de la résilience de l'individu. J'accorde de l'importance à l'autodétermination, à la qualité de vie et à l'autonomie de la personne à trouver un sens et un but à sa vie. Je crois qu'il faut favoriser un cheminement axé sur la découverte et l'espoir afin d'aider les gens à trouver en eux-mêmes, auprès de leurs fournisseurs de soins et de leur collectivité la force et la compréhension leur permettant de résoudre efficacement les difficultés qui surviennent en raison de leur maladie et de la décision de recourir à l'aide médicale à mourir. » Elle ajoute : « L'aide médicale à mourir est, de loin, un des domaines de la pratique les plus complexes auxquels j'ai participé. Les incidences de la décision d'une personne de faire appel à ce service ont un effet d'entraînement qui s'étend au-delà de la mort même, pour la personne, sa famille, sa collectivité et son équipe de soins de santé. Le travail social fournit un soutien déterminant afin d'évaluer les préoccupations quotidiennes et les besoins complexes de toutes les personnes en cause et d'y remédier. Bien que des facteurs soient pris en considération à l'avance en vue d'atténuer les répercussions psychosociales qui s'ensuivent, celles-ci demeurent un élément indissociable du cheminement de l'aide médicale à mourir et peuvent nuire à la capacité des proches à vivre leur deuil après le décès. »

Agréablement surprise de la croissance dans ce domaine de pratique, Lauren entrevoit favorablement les possibilités d'avenir qui s'offrent aux travailleuses et travailleurs sociaux dans l'aide médicale à mourir; elle se dit inspirée par le travail inlassable des personnes qu'elle côtoie à donner suite aux dernières volontés des patients en leur permettant d'avoir le choix et le contrôle sur leur mort. Elle déclare : « Ma participation à l'aide médicale à mourir n'aurait pas été possible sans le courage d'une patiente qui m'a doucement demandé un jour de l'accompagner lorsqu'elle s'apprêtait à entreprendre des démarches en ce sens, il y a bientôt trois ans. Je suis contente que le travail social ait fait partie de toutes les procédures à notre hôpital depuis, et il constitue un service hautement respecté de l'équipe de l'aide médicale à mourir de L'Hôpital d'Ottawa. » Lauren a aussi développé un outil d'évaluation psychosociale maintenant utilisé à l'hôpital (et adapté sous diverses formes à l'échelle nationale), et elle a sensibilisé d'autres professionnels de la santé et le grand public à cette question. Elle est intervenue lors de conférences locales et nationales à titre de défenseure du travail social dans l'aide médicale à mourir et elle a rédigé un mémoire qui est actuellement à l'étude à des fins de publication.

Lauren déclare que certaines difficultés propres à ce travail portent sur l'épuisement émotionnel périodique et le besoin de clarifier toute désinformation ou idée fausse que les gens ont sur la question ou sur le rôle du travail social dans l'aide médicale à mourir. Afin de surmonter certaines de ces difficultés, elle accorde une grande importance à la gestion de sa propre santé et à l'adoption de stratégies de résilience dans sa vie quotidienne : « L'aide médicale à mourir m'a permis de comprendre beaucoup mieux l'esprit humain et sa capacité à trouver une signification et de l'espoir, même dans les moments de désespoir; c'est ce qui me permet de continuer à faire ce travail exigeant. » La supervision et la consultation des pairs sur leur rôle dans l'aide médicale à mourir sont également prioritaires pour Lauren, et elle se rend disponible afin d'offrir soutien, conseils et collaboration en cours de processus. En outre, elle accepte toutes les invitations à participer aux conversations sur l'aide médicale à mourir, particulièrement sur le rôle des travailleuses et travailleurs sociaux : « Je pourrais parler toute la journée de l'aide médicale à mourir si vous me laissiez faire! »

L'accès aux soutiens à l'intention des proches s'est également avéré un problème. Lauren fait remarquer qu'en dépit de l'appui exceptionnel des travailleurs sociaux, il est important de reconnaître que l'aide médicale à mourir est encore un domaine inexploré, et il reste beaucoup de travail à faire en vue d'améliorer l'accessibilité et la prestation de ces services. Bien qu'un petit nombre d'organisations offrent du soutien axé spécifiquement sur l'aide médicale à mourir, le counseling privé et même les services dans les centres de santé communautaires peuvent être limités ou inaccessibles en raison des coûts, de la situation géographique ou de la crainte de stigmatisation. C'est pourquoi elle développe présentement une brochure de ressources sur le chagrin et le deuil qui s'adresse aux patients et aux familles. Elle a également créé une brochure offrant des ressources aux professionnels de la santé qui ne disposent pas d'une équipe complète de l'aide médicale à mourir sur la façon de répondre aux besoins psychosociaux des patients et de leurs proches. De plus, elle a récemment collaboré avec l'ATTSO afin d'organiser un webinaire à l'intention des travailleuses et travailleurs sociaux de la province désireux de trouver des façons d'établir des liens entre eux et de discuter de l'aide médicale à mourir. 

Lauren est d'avis que les leaders ont le désir, l'ambition et la volonté de créer le changement et de guider les autres à travailler vers un but commun : « Les leaders inspirants cherchent à apprendre des autres, pas seulement à enseigner, et ils accordent de l'importance aux idées des membres de l'équipe, établissant ainsi un environnement propice à l'amélioration continue. Ils créent un espace où les membres particuliers sont valorisés. Ils partent du point de vue que les grandes choses ne sont jamais le travail d'une seule personne; il faut faire équipe pour atteindre notre meilleur potentiel. Ils sont optimistes, patients et motivés. Ils peuvent déceler les problèmes, trouver des solutions, prendre des décisions difficiles, livrer un plaidoyer, et motiver et responsabiliser les membres de l'équipe. »

Lauren Clark est une leader inspirante dans le monde du travail social – une personne innovante et optimiste qui favorise la responsabilisation. Pendant la Semaine du travail social du 4 au 9 mars, et tout au long de l'année, prenez le temps de reconnaître les travailleuses et travailleurs sociaux qui influencent le cours des choses.

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